mots de la direction

cofondatrices et codirectrices artistiques

Natalie Fontalvo et Marie Blay

On fait un festival parce que la poésie, parce que l’amitié, parce que la terre brûle. Partout, les mots éraflent, s’infiltrent sous les peaux, ravagent. On les corrode, on les pétrit, on les déroute, on les tord. El odio se ensancha en los desangres. Puis des bombes tombent sur des villes somnolentes, intranquilles.

Mais les mots sont des choses vraies. Leur volonté d’exister, leur carcasse nue évidée de l’impropre, on la sent. ¿La sienten? La poésie circule entre nos têtes, quémande liberté. C’est une querelle criarde qui ne cesse pas, c’est une obsession de sortir la langue de son nid volé pour lui redonner souffle.

Et si on retournait au début. La langue quand on l’évase réplique à l’affolement et barde le sens afin qu’il oublie de mourir.

La langue comme lieu de résistance poétique

pour que respire ce qui n’existe pas

on y croit

on y croit malgré

et ce malgré est devenu si immense que l’on peine à le découper pour en extraire les morceaux.

On propose un temps suspendu où les voix s’énoncent debout, face au grand tout qui rêve de les aspirer. Un temps où elles se livrent avec leurs rugosités et leurs débordements, sus heridas y sus cantos. Une brèche qui rebrousse chemin jusqu’à la possibilité de hurler la poésie maintenant, ici, dans la fierté d’être niche, acantilado, puits, madrugada, jachère et éblouissement.

Commissaire à la programmation européenne

Miguel Rodríguez Monteavaro

Nun é tan grande el mundo, é verdá, sobre todo se as economías, as voluntades e os medios de tresporte nos permiten movernos. Pro cada úa das rexiois que lo conforman é inmensa, pode que infinita. Son descomanados, tamén, os paraísos e os infernos que cada cultura pode crear neste planeta. Escribimos, bailamos e relacionámonos. Todo cambía e todo ten úa parte estática. Nós, claro, somos xs mesmxs que nacémos un día, anque tamén mudamos máis de mil veces.

El obxectivo nun é resistir e sobrevivir, senón ser a punta da lanza que afuracará el futuro. Por eso nos organizamos e por eso avanzamos. El Festival international de poésie de Québec é proba dello. - Galicien

Il n’est pas si grand, le monde, c’est vrai; surtout si les économies, les volontés et les moyens de transport nous permettent de nous déplacer. Pourtant, chacune des régions qui le composent est immense, peut-être même infinie. Les paradis et les enfers que chaque culture peut créer sur cette terre sont tout aussi incommensurables. Nous écrivons, dansons, tissons des liens. Tout change et tout contient une partie statique. Nous, bien sûr, nous sommes les mêmes depuis la naissance, et nous fluctuons aussi plus de mille fois.

L’objectif n’est pas de résister et de survivre, mais plutôt d’être la pointe de la lance qui transpercera le futur. C’est pour cette raison que nous nous organisons, c’est dans ce sens-là que nous avançons. Le Festival international de poésie de Québec en est un témoignage.